L’éducation conductive ou méthode Pëto

L’éducation conductive, pour qui?

Pour les enfants cérébrolésés qui ont un handicap moteur, pour les enfants avec un retard de développement psychomoteur. Ils doivent être en mesure de comprendre les consignes données par les conducteurs.

Des baby-group sont accessibles à partir de 6 mois. (Il existe aussi des groupes pour adultes qui ont un handicap secondaire à un accident, de type AVC par exemple, pour les aider à retrouver une plus grande indépendance dans la vie quotidienne.)

Elle vient d’où et a été créée par qui?

Elle a été inventée par Andras Petö, un médecin pédagogue Hongrois, dans les années 1940.

Qui sont les intervenants ?

Ce sont des conducteurs. Ils sont formés sur 4 ans, de façon pluridisciplinaire : kinésithérapie, ergothérapie, orthophonie, psychomotricité, neurosciences, psychologie etc…

Sur quoi la méthode se base-t-elle?

Comme dans beaucoup de méthodes actives / intensives, l’idée est que grâce à la plasticité neuronale, malgré les lésions, de nouveaux circuits cerébraux peuvent être créés pour contourner les problèmes.

L’éducation conductive part du principe que les enfants sont CAPABLES d’apprendre. C’est une vision positive de l’enfant et de son handicap. L’enfant n’est pas enfermé dans ses problèmes, le conducteur cherche à lui apprendre à les contourner, les compenser…

Lorsque l’enfant est confronté à un problème, le conducteur va fixer un objectif et mettre en place un certain nombre de tâches pour l’aider à résoudre ce problème.

Quels en sont les objectifs ?

C’est principalement l’atteinte de la meilleure indépendance possible pour la personne handicapée, et ce, dans toutes les sphères de la vie quotidienne. L’enfant apprend à contourner son handicap, à « faire avec ». Les enfants sont donc ACTEURS.

Un des points centraux expliqué sur le site Français de la pédagogie conductive est que « chacun doit terminer ce qu’il a commencé »… Donc il faut trouver une solution pour contourner les difficultés.

En éducation conductive, les conducteurs parlent de changer les « dysfonctions » en « orthofonction », c’est à dire d’accompagner l’enfant pour qu’il soit capable de s’adapter aux exigences de son environnement.

Quels sont les moyens utilisés, comment ça fonctionne ?

C’est une sorte de philosophie de vie.

L’enfant peut être pris en charge de manière conductive toute la journée. Chaque action peut être pensée « éducation conductive », en cherchant notamment à rendre l’enfant acteur.
Pour cela la guidance physique est omniprésente, la personne qui accompagne l’enfant aura pour mission de retirer progressivement cette guidance au fur et à mesure des progrès de l’enfant.

Les actions et les mouvements sont décomposés, et l’accompagnateur aide l’enfant à participer à chaque étape de ses mouvements, pour arriver progressivement à la maîtrise d’un geste, ou d’une partie de l’action. La maitrise immédiate du geste n’est pas recherchée, mais l’objectif est de tendre vers cette maîtrise, petits pas par petits pas.

Le conducteur stimule les gestes de l’enfant grâce à une guidance verbale appelée « intention rythmique ». Il accompagne les activités des participants par une verbalisation rythmée, sous forme d’une comptine, d’un chant ou d’une simple phrase.

C’est une prise en charge GLOBALE. L’enfant est pris en charge dans son ensemble par une seule et même personne : le conducteur.

Cette personne peut donc observer les enfants dans tous les domaines de développement et réévaluer régulièrement leurs capacités. Cette situation contribue largement à l’instauration d’un climat de confiance entre l’enfant et le conducteur, mais aussi entre l’enfant et son groupe.

Le matériel utilisé est simple, l’aide apportée doit être « juste nécessaire ».
La méthode utilise le groupe, les exercices durant la journée sont effectués au sein d’un groupe dans lequel les enfants ont environ le même âge ou les mêmes compétences. Cela permet de motiver les enfants, d’insister sur le côté social, sur les interactions, les règles de vie etc…
Les exercices, moteurs, cognitifs et sensoriels, ont un sens. Il sont en rapport avec ce que les enfants doivent effectuer dans la vie quotidienne, mais tout est pensé sur la base du LUDIQUE. Avec notamment l’utilisation de comptines, qui vont permettre l’instauration de routines, et qui sont une belle porte d’entrée vers le langage.
La place des parents est importante. Ils sont là pour guider l’enfant dans le groupe, et lorsqu’ils sont moins présents dans le groupe (si l’enfant est capable de rester un moment seul), ils sont informés des progrès et encouragés à utiliser à la maison ce que leur enfant a appris.
Les chansons, le jeu, le ludique sont omniprésents. Le conducteur cherche à éveiller la curiosité de l’enfant, à attirer son attention et son intérêt.

L’ensemble de la journée est organisé pour guider les participants des exercices basiques vers des exercices plus complexes. Différents temps peuvent être retrouvés selon le niveau des participants : temps allongé, assis ou debout, plutôt orientés vers le travail cognitif ou l’orthophonie etc…

L’éducation conductive en France ?

Il existe actuellement plusieurs écoles d’éducation conductive en France, d’autres sont en projet.

Voici les liens des écoles actuelles : CEC du Gard : http://www.cecdugard.blogspot.fr/ ; SEICM : http://seimc.free.fr/ ; Honorine lève toi : http://www.honorine-leve-toi.org/ ; La maison Escargot : http://lamaisonescargot.over-blog.com/ ; A petit pas, EHM : http://apetitpas.over-blog.fr/

Quelles sont les limites de la méthode ?

Lors de leur formation initiale les conducteurs ne sont pas formés à l’accompagnement des enfants sourds, très mal voyants ou ayant des troubles de comportement.

L’éducation conductive est pensée pour répondre à tous les besoins de l’enfant. Cependant, pour la majorité des enfants, d’autres rééducations sont nécessaires. L’éducation conductive ne peut répondre à tous les besoins de l’enfant comme elle le prétend. La pauvreté de la rééducation orthophonique, de la stimulation cognitive adaptée (apprentissages scolaires et autres), l’absence de mise en place de communication alternative et augmentative, l’absence d’accompagnement adapté en cas de comportements problèmes sont autant de raisons qui font que malgré ses forces, je ne peux adhérer à 100% à cette approche. Au niveau moteur d’autres approches rééducatives semblent être plus puissantes et pourraient être proposées en complémentarité.

Bien entendu, ces mots sont les miens, ils n’engagent que moi et ne changent rien au fait que je pense que cette approche a des bases particulièrement intéressantes.

J’ai écrit cet article en grande partie pour l’association « les enfants de West » qui a édité un guide « l’ABC des progrès », qui est visible ici.
http://enfantsdewest.fr/nos-outils/labc-des-progres/
Je l’ai ensuite complété et corrigé suite à mes expériences et ce que m’ont rapporté les familles.

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