ABA et ABA-VB

Je n’ai reçu qu’une petite base de formation à l’ABA-VB. Puis j’ai travaillé pendant 2 ans avec un enfant autiste qui suivait un programme d’ABA-VB avec une supervision par une BCBA (deux personnes successives, vraiment très chouettes). J’ai énormément appris au cours de cette expérience. Aujourd’hui, je ne peux pas prétendre « faire de l’ABA » mais je me sers énormément de ce que j’ai acquis au cours de ce travail et de cette formation. J’ai aussi beaucoup lu autour de l’ABA et l’ABA-VB.

Dans cet article je veux vous partager quelques liens qui me semblent essentiels, une description assez concise de l’ABA VB, une description de ce qu’est le pairing et une petite série de vidéos pour illustrer le tout.


À lire, à voir :

– L’indispensable : http://www.aba-sd.info/ à lire de fond en comble

– Autre article décrivant l’ABA, en particulier le principe de l’ABC (antécédent, comportement, conséquence) http://learnenjoy.com/methodes/aba-lapproche-comportementale/ à ne pas rater.

– Livre : « Les techniques d’apprentissage du comportement verbal : Enseignement de la communication et du langage par les techniques de la méthode ABA aux enfants atteints des troubles du syndrome autistique ». Écrit par Mary Lynch Barbera et Tracy Rassmussen

– Livre : « Autisme et ABA, une pédagogie du progrès ». Écrit par Ron Leaf et John McEachin.

– L’ABA et le jeu : http://www.institut-aba.fr/FR/methode/2-0-21/methode.htm

– Autre article sur l’ABA : http://www.abaautisme.org/index.php?option=com_content&view=category&id=3&layout=blog&Itemid=3

– Recommandations de l’HAS pour l’accompagnement des enfants porteurs de troubles du spectre autistique. http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_953959/fr/autisme-et-autres-troubles-envahissants-du-developpement-interventions-educatives-et-therapeutiques-coordonnees-chez-lenfant-et-ladolescent

 


Texte décrivant l’ABA-VB, utilisé grâce à l’aimable autorisation d’une maman. Texte issus de ce site (ABA-Isère, Association « Autisme Besoin d’Apprendre Isère ».)

ABA – La science du comportement

L’ABA (Applied Behavior Analysis) ou analyse appliquée des comportements se fonde sur la réduction des comportements qui sont jugés inappropriés, l’augmentation de la communication, des apprentissages et de comportements sociaux appropriés. La personne doit constater que suivre les instructions, avoir un comportement approprié sera plus bénéfique pour elle que de fuir l’enseignement ou avoir un comportement inapproprié.

Un comportement est une action : cela peut être par exemple rire, taper sur un clavier d’ordinateur, dire bonjour, boire, demander un biscuit, imiter un son, froncer les sourcils, penser, crier, lire un texte sur un écran d’ordinateur etc….L’immense majorité des comportements que nous avons sont appris, les autres sont des comportements réflexes (comme cligner des yeux sous une lumière puissante par exemple, frissonner quand il fait froid…)

En général, c’est l’équipe qui suit l’enfant (enseignant, psychologues, éducateurs, parents etc…) qui décide quels comportements jugés inappropriés vont être réduits, et quels comportements vont être appris. Il est donc nécessaire de prendre en compte le contexte de l’enfant, de pouvoir mesurer les comportements que l’on veut augmenter ou diminuer, d’évaluer les compétences de l’enfant. Tout ceci fait partie d’un programme éducatif, qui est individualisé, propre à chaque enfant.

Pourquoi modifier, ou apprendre un comportement ?

Un enfant avec autisme n’a pas appris les comportements appropriés car sa perception du monde est différente de la notre, et il peut adopter des comportements qui sont inadaptés en société.

L’analyse d’un comportement permet de modifier un comportement en analysant :

• les conditions, ou le contexte dans lesquelles ce comportement apparaît : ce sont les antécédents à ce comportement, ce qui le précède
• ce qui se passe juste après : ce sont les conséquences du comportement.

L’analyse appliquée du comportement démontre que si on change les antécédents et/ou les conséquences d’un comportement adopté, on change le comportement en question.

→ Prenons l’exemple d’un enfant et sa mère à la caisse d’un supermarché. L’enfant voit des bonbons et a l’habitude de les réclamer en criant « je veux les bonbons ! ». En réaction à ce comportement, la maman a le choix :

    ◊ D’acheter le paquet de bonbons. Dans ce cas il y a de fortes chances que la prochaine fois il les réclame à nouveau, et de la même manière ! Son comportement sera renforcé.
    ◊ De ne donner aucune attention à son comportement, et de faire pareil pour les autres fois si ce comportement se reproduit : dans ce cas, il augmentera en intensité la fois suivante, puis l’enfant abandonnera, ayant finalement compris qu’adopter ce genre de comportement ne lui donnera pas accès au paquet de bonbon.
      ◊ Dans le premier choix, l’enfant continuera son comportement dans d’autres situations similaires : la maman RENFORCE ce comportement.
      ◊ Dans le deuxième choix, la maman décide de faire échouer ce comportement, en ne lui prêtant aucune attention : ce comportement perd sa fonction d’être, sa valeur. Finalement il disparaît. La maman a mis ce comportement « EN EXTINCTION », un peu comme si on étouffait un feu en le privant d’oxygène.

Dans cet exemple on se rend compte que la maman a deux choix de comportement, dans une situation donnée, et que le comportement futur de l’enfant sera différent selon le choix de la maman.

Cela est vrai pour tout être vivant : une personne, dans une situation donnée, a toujours le choix entre plusieurs comportements différents : ce choix dépend de ses conséquences et de l’environnement dans lequel vit la personne.
Par exemple une personne qui n’a pas d’argent choisira de se lever le matin pour faire un travail qu’elle n’aime pas, simplement parce qu’ainsi elle aura de l’argent, qui lui permettra de payer son logement. Si cette même personne gagne d’un coup beaucoup d’argent, elle choisira de ne plus se lever le matin pour aller faire ce travail. Les conséquences conditionnent sa manière de se comporter, donc son comportement.

Un enfant autiste, dans une situation donnée, a toujours le choix entre différents comportements: notre rôle est de lui apprendre à choisir le bon comportement, celui qui est adapté, qui lui permettra d’apprendre. Par exemple un enfant a toujours le choix d’obéir ou non à une instruction: notre « travail » est qu’il choisisse d’obéir. Cela peut être tout simplement par des félicitations, on le félicite pour son bon choix. Un enfant qui choisit dans un parc de jouer au toboggan plutôt que de hurler a besoin aussi d’être félicité pour son bon choix.

Qu’est-ce que le comportement verbal (Verbal Behavior – VB) ?

Dire (ou signer) un mot, c’est un comportement : Ce comportement dépend des conditions (« antécédents ») dans lesquelles il se produit, et de ce qui se passe pour l’enfant après avoir dit ce mot (« conséquences »). En analysant les conditions et les conséquences, on peut mettre en place quelque chose qui permettra d’augmenter ce comportement, si on le souhaite bien sûr.

Un comportement verbal est tout comportement renforcé spécifiquement par une autre personne : ce comportement engage au moins deux personnes : cela concerne toute forme de communication car il y a un échange entre deux individus.

Par exemple, dire ou signer « biscuit » à une personne qui a des biscuits, c’est un comportement verbal, car il engage deux personnes. Un enfant qui dit « biscuit » alors qu’il est tout seul n’est pas un comportement verbal. Un enfant qui bouscule un autre enfant pour prendre sa place sur un banc peut être considéré comme un comportement verbal, car il engage deux personnes. Bien sûr ce n’est pas un comportement verbal très adapté !

Le comportement verbal est un programme de traitement intensif qui s’attaque à développer la communication aussi rapidement que possible en utilisant un enseignement dans l’environnement naturel (NET : Natural Environment Teaching) rapidement couplé à un enseignement structuré direct et intensif.
L’enseignement dans le milieu naturel de l’enfant est très largement majoritaire (en temps) dans ce programme : il se fait en suivant les intérêts, motivations de l’enfant. Dans ces conditions, ce que l’enfant apprend a du sens pour lui, car ces apprentissages sont directement reliés à ses motivations. C’est dans l’environnement naturel qu’un bébé apprend, et se développe : il en est de même pour une personne autiste.

Le comportement verbal (VB) et les mots :

Si j’écris le mot «pirog» (c’est un mot russe), vous pourriez commenter ce mot : c’est un joli mot, de deux syllabes, il est composé des voyelles i,o et des consonnes p,r,g etc… : ce que vous feriez alors est décrire la forme du mot . Mais en réalité, la question que vous vous poseriez, c’est « comment utiliser ce mot, à quoi sert-il ? » Dans ce cas là, vous vous posez des questions sur la fonction de ce mot. Ou plutot les fonctions, comme nous allons le voir.
Je donne la traduction : ce mot signifie « gâteau ». Si vous allez en Russie un jour, vous saurez utiliser ce mot, vous en servir dans toute situation. Pour un enfant avec autisme, ce n’est pas toujours le cas : un autiste ne saura pas forcément se servir de cette information que j’ai donnée.

Pourquoi ? En réalité un même mot a plusieurs fonctions : son utilisation dépend du contexte dans lequel on dit le mot, et de ce qui se passe juste après l’avoir dit.

Un exemple de ce mot utilisé de trois manières différentes :

      ◊ Un enfant montre à sa maman un gâteau dans une boulangerie en disant « gâteau », parce ce qu’il a faim : dans ce cas il dit cela pour l’avoir ! La maman lui achète le gâteau. C’est dans ce cas une DEMANDE.
      ◊ Ce même enfant peut dire à sa maman « gâteau » en le voyant, parce qu’il en a mangé à midi, et il signale à sa mère qu’il reconnait ce qu’il a mangé: dans ce cas il ne veut pas spécialement le gâteau, il NOMME simplement le gâteau. Sa mère est contente qu’il sache nommer le gâteau et le félicite, l’enfant est content et recommencera probablement à nommer autre chose.
      ◊ La maman dit à l’enfant : « quel est ton dessert préféré ? ». L’enfant répond « le gâteau ». La maman répond alors « moi aussi ». Dans cette situation, la maman engage la conversation, l’enfant lui répond. Ce qu’il dit dépend des mots de la maman. Le mot « gâteau » est l’objet d’une CONVERSATION, et il n’est pas présent matériellement.

Dans cet exemple, le mot « gâteau » a trois fonctions. Il sert dans trois contextes différents, et à chaque fois la conséquence de dire « gâteau » est différente.

• Mais….. à quoi ça sert de faire ça ??!!

Un enfant autiste en début de programme » VB » peut très bien savoir reconnaitre un gâteau parmi un ensemble d’aliments, il est peut être capable de répéter le mot « gâteau » sur demande, mais il y a de très fortes chances qu’il ne soit pas capable de le nommer si on lui désigne un gâteau en disant « qu’est ce que c’est ? ». Il est probablement incapable de demander un gâteau quand il en veut un. Il est surement incapable de dire que le gâteau est son dessert favori si une personne lui demande de nommer son dessert favori !

Nous, neurotypiques, avons naturellement cette capacité à utiliser un mot à travers toutes ses fonctions, mais pas un enfant autiste. Il faut donc lui apprendre. Le seul moyen pour améliorer la conversation et la communication d’un enfant autiste est de l’entraîner à utiliser un même mot au travers de ses différentes fonctions.
On se rend compte que de ne pas pouvoir généraliser un mot diminue très fortement la communication et la conversation. Un enfant incapable de communiquer et de converser va probablement s’isoler.
Inversement, si on apprend à un enfant autiste comment utiliser les mots au maximum, il s’engagera plus facilement avec d’autres personnes, il sera plus sociable, sera encouragé par le fait qu’il peut être compris, qu’il peut participer à des conversations, cela l’amènera à « aller vers nous ». Il trouvera moins de plaisir à rester seul.

Un programme VB s’attaque en premier à la seule fonction pour laquelle la conséquence n’est pas sociale, c’est fonction de demander un objet : la conséquence est la raison même pour laquelle l’enfant fait la demande: c’est l’obtention de l’objet. Et c’est sur cette fonction que le VB travaille en premier avec un enfant en début de prise en charge. Bien sur cela nécessite une haute motivation de l’enfant pour avoir un objet qu’une autre personne détient. D’où le prochain paragraphe.

Le comportement verbal (VB) et la motivation :

Pour un enfant ordinaire, la motivation à apprendre est par exemple l’envie de grandir, d’imiter les autres, cette motivation est naturellement présente.
Pour un enfant avec autisme qui n’a pas encore eu de prise en charge spécifique, cette motivation n ‘est pas présente, il n’y a pas de « moteur social ».
La singularité du VB est d’utiliser la motivation naturelle de l’enfant pour s’en servir afin de faciliter les apprentissages ; et, lorsque cette motivation n’est pas présente pour enseigner une compétence, il faut la susciter, la provoquer avant d’entreprendre l’enseignement en question. Le principe posé est que la motivation est le meilleur moteur des apprentissages chez l’individu.
Les enfants atteints d’autisme ou de troubles affiliés sont motivés. Dans de nombreux cas leur motivation est plus élevée que celle chez les enfants qui ont un développement typique. Cependant leur motivation se manifeste souvent différemment. On ne peut pas dire qu’un enfant autiste n’est pas motivé et ne peut pas suivre les instructions données, alors que ce même enfant est capable de grimper sur le placard le plus élevé pour avoir la nourriture qui lui a été refusée, ou réussir à trouver le DVD qui lui a été confisqué, trouver le lecteur DVD, le brancher et regarder le DVD en secret.

Pour provoquer cette motivation, il faut manipuler l’environnement de l’enfant (tout ce qui entoure l’enfant, objets et personnes) : par exemple si on veut enseigner à l’enfant la compétence de demander à ses parents son jouet favori, on ne doit pas mettre le jouet en accès libre : on peut le cacher un temps, puis le placer ensuite dans un endroit visible par lui mais auquel il ne peut accéder. La valeur du jouet sera plus forte à ses yeux car il ne l’a pas vu depuis un moment, et il sera hautement motivé pour l’obtenir : il devra alors passer par un adulte pour l’avoir -puisqu’il ne peut pas l’attraper seul- soit en disant « je veux le jouet », soit en signant ou en échangeant une image représentant le jouet, selon son niveau de communication.

La valeur d’un objet pour une personne dépend de la situation, des conditions dans lesquelles se trouve cette personne. La « valeur » d’une pizza sera plus grande pour une personne qui est à jeun que pour cette même personne si elle vient de manger trois parts de pizzas.

Objectifs d’un bon programme VB :

Le but d’un bon programme VB est d’identifier les motivations de votre enfant lorsque elles surviennent naturellement, et de les utiliser comme des outils pour l’aider dans son apprentissage. En faisant cela, nous pouvons ajouter de nouveaux objets appréciés qui sont plus appropriés tout en diminuant la valeur renforçante d’activités moins adaptées, comme par exemple ouvrir et fermer une porte pendant des heures.

Pour comprendre cela on peut imaginer une balance à plateaux : le plateau gauche symbolise les comportements adaptés, l’apprentissage avec les autres, et le plateau droit symbolise les activités inadaptées, comme l’autostimulation. Tous les poids sont au début sur le plateau droit. Si on prend des poids du plateau droit et qu’on les met sur l’autre, alors la tendance s’inversera naturellement.

Si vous donnez constamment à votre enfant la motivation pour acquérir une nouvelle compétence et qu’il constate que lorsqu’il réussit il est félicité et qu’il ressent du plaisir, alors votre enfant aura une motivation accrue pour accomplir cette compétence à nouveau et cela l’encouragera à refaire d’autres expériences.

NB : Dans un programme VB, on enseigne de manière à ce que l’enfant soit toujours en position de réussite, justement pour maintenir sa motivation à apprendre.

Si vous appliquez ces deux principes de renforcement (ABA) et de motivation (singularité du VB) à chaque compétence que vous voulez faire acquérir à votre enfant, il commencera alors à apprendre tout ce que vous voulez lui enseigner .

Conclusion :

Un bon programme ABA/VB utilise les principes de motivation pour pousser l’élève à acquérir de nouvelles compétences plus difficiles à accomplir tout en se servant du renforcement pour accroître la motivation future et atténuer la difficulté de la compétence. Votre enfant deviendra plus facile à motiver et les compétences futures seront plus faciles à acquérir. Nos enfants peuvent choisir la solitude parce qu’ils ne comprennent pas la nature imprévisible des autres et qu’il leur manque les outils pour interagir avec succès dans des situations qui échappent à leur contrôle. Nous pouvons utiliser les motivations et le VB pour les équiper avec ces outils.


Les 5 Erreurs :

Changer ses comportements et les rendre positifs peut aider les parents à éviter des erreurs d’éducation.

1. Donner de l’attention aux mauvais comportements

Les parents consacrent bien trop de temps et d’attention à leurs enfants quand ils se conduisent mal. Pour un enfant la réaction négative d’un parent (à sa demande d’attention) est préférable à aucune réaction du tout. Aussi lorsque l’enfant obtient une réaction négative, il a gagné, obtenu ce qu’il voulait : de l’attention. En récompensant en quelque sorte le mauvais comportement vous apprenez à votre enfant que des comportements tels que crier, taper, ne pas respecter les consignes sont une manière d’obtenir votre attention et vous perpétuez ainsi les mauvais comportements.

2. Ignorer les bons comportements

Ce qui nous mène à l’erreur commune n°2. Nous punissons les mauvais comportements mais est-ce que nous faisons attention aux bons comportements ? Changez complètement vos façons de faire en récompensant votre enfant qui fait quelque chose de bien. Votre enfant est en train de jouer gentiment ? N’en profitez pas pour vous occuper immédiatement d’autre chose .Remarquez d’abord ce comportement et récompensez votre enfant avec une interaction positive et vous augmenterez alors les bons comportements en réduisant ceux qui sont moins désirés

3. Apaiser les demandes faites en grognant ou en criant

Si vous apaisez maintenant, vous le paierez plus tard. Et vous le paierez chèrement…Les parents sont facilement irrités par un enfant qui crie ou geint, si bien qu’ils accèdent à leur demande, uniquement pour les faire cesser. Les enfants sont très malins. Ils savent que cela marche. Mais cela en vaut-il le prix ? En accédant à la demande de l’enfant, nous apprenons à l’enfant à pleurer et crier pour arriver à ce qu’il veut. Il ne faut JAMAIS céder à une demande effectuée en criant ou avec une colère. Vous devez lui demander qu’il s’arrête de crier et une fois calmé ( comptez dans votre tête jusqu’à 5 par exemple), demandez lui de reformuler sa demande avant de lui donner ce qu’il veut. Si vous êtes cohérents les cris et geignements cesseront petit à petit. On veut qu’il comprenne que s’il fait sa demande calmement, il aura ce qu’il voudra, alors que s’il la fait en criant ou pleurant, il n’obtiendra rien.

4. Dire non quand on peut dire oui

Nous disons « NON » 100 fois par jour et je peux vous garantir que 75% de ces non pourraient être des “OUI”. Si au lieu de répondre « non » de manière lapidaire, nous reconsidérions notre réponse en proposant des alternatives plus positives, nous pourrions réduire la frustration de l’enfant.

Voici quelques suggestions : Au lieu de juste dire non à une chose que votre enfant ne peut pas faire, dites lui ce qu’il peut faire. « Est ce que je peux avoir un biscuit maman ? » Au lieu de lui dire immédiatement « non », vous pouvez dire « tu pourras avoir un biscuit quand tu auras fini de manger ».
Pour chaque “non” (parce que parfois, la réponse ne peut être que “non”), essayer d’offrir deux « oui ». Par exemple, si votre enfant demande à aller jouer dehors alors qu’il fait très froid, vous pouvez répondre : « il fait trop froid en ce moment, mais nous pouvons jouer aux légos ou mettre de la musique pour danser dans la maison » ( deux propositions). De plus si vous répondez trop souvent « NON » à ses demandes, vous allez apprendre à votre enfant à répondre “NON” quand vous lui demanderez quelque chose, et vous devrez le respecter, pour avoir une relation de confiance. Donc, gardez le NON uniquement quand c’est nécessaire, par exemple si l’enfant s’apprête à traverser une rue en courant ou qu’il joue avec un couteau.

5. Utiliser un « temps mort » (« time out », temps en dehors) comme une punition

Le temps mort ne devrait pas être utilisé comme une punition pour un mauvais comportement car c’est un moyen d’apprendre que des comportements inappropriés sont inacceptables. L’enfant doit être retiré de l’endroit où il reçoit du renforcement et être placé dans dans un lieu où il n’aura aucun renforcement pour son comportement. Par exemple si votre enfant est agressif envers un autre enfant, retirez le calmement de cet environnement et placez le dans un endroit déjà repéré par vous, pour un temps mort, là où vous serez capable d’ignorer ses cris, ainsi, vous mettez ce comportement en extinction (vous le mettez en échec car il n’a alors plus aucune fonction d’être) N’accordez aucune attention à ce comportement, mais souvenez-vous ! Nous ignorons le comportement, mais pas l’enfant.

Ce texte a été traduit d’un site internet écrit en anglais spécialisé dans l’analyse appliqué du comportement : http://totalbehaviorsolutions.com/5-common-parenting-mistakes/


Le pairing

(Texte que j’ai écrit moi même pour mon ancien blog)

Je parle souvent de pairing autour de moi car c’est quelque chose que je considère comme essentiel avant de commencer un travail en ABA ou avec une autre méthode avec un enfant autiste. Mais, je tiens à dire ici que je pense que c’est intéressant de faire quelque chose de similaire avec n’importe quel enfant, quelque soit son handicap, lorsqu’un intervenant va être amené à le rencontrer régulièrement sur une période relativement longue.

En ABA VB le pairing est essentiel.

Comment le traduire en français? Je dirais « processus d’attachement ». Il sert à construire la relation entre le thérapeute et l’enfant. Cette relation est souvent très longue à construire en autisme. Pourtant, le fait prendre le temps de le faire au départ permettra de faire des séances beaucoup plus efficaces par la suite.
Le but est que l’enfant concerné ne se dise pas, en voyant arriver le thérapeute: « oh non, le travail s’en vient ». Il faut que la relation soit renforçante pour l’enfant, qu’il apprécie la personne avec laquelle il va travailler pendant de nombreuses heures.
Lorsque le pairing est réussit, l’enfant voit arriver la personne et il se dit qu’il va faire tout un tas de choses, plus ou moins plaisantes, mais au moins ça sera avec une personne qu’il apprécie.

Le pairing n’est jamais totalement acquis, on peut le retravailler tout au long des interventions.

En quoi cela consiste ?

Avec des enfants très jeunes, il faut prendre du temps pour être avec eux, en silence, en ne faisant que les imiter, ou faire des jeux qu’ils apprécient. Cela peut/dois durer plusieurs séances. Lorsque l’enfant est en confiance il sera peut-être en mesure de faire des demandes de façon beaucoup plus aisée à l’intervenant.
Puis petit à petit le pairing doit s’approcher de l’interaction, on peut jouer avec des bulles, qu’on fera chaque fois que l’enfant les demande. Sa demande peut-être verbale, signée, mimée ou en picto, ou encore pointée suivant le niveau ou l’âge de l’enfant. On ne s’attache pas à la forme de la demande mais à sa fonction.
Lorsque l’enfant est plus grand, le pairing se fera par des activités qu’il apprécie beaucoup, qui sont très renforçantes. Ça peut être du roller, du vélo, du skate, de la piscine, des jeux sur l’ordinateur en faisant chacun son tour, des jeux avec des ballons, de la cuisine etc… Le tout c’est que cela plaise réellement à l’enfant.
Là encore, le but premier ne doit pas être un apprentissage mais bien la construction de la relation.

Quels en sont les effets ?

L’enfant est content lorsque l’intervenant arrive. L’enfant est beaucoup plus présent lors des séances, il est plus disponible.
L’intervenant connait mieux l’enfant, donc il est plus apte à trouver des renforçateurs adaptés. De plus l’intervenant sait comment ramener l’enfant à son travail, il voit petit à petit les petits trucs qui fonctionnent pour l’aider à sortir de sa rêverie.
L’enfant apprend progressivement à regarder l’intervenant, à avoir une alternance du regard.
L’intervenant est associé à des choses plaisantes, il est donc renforçant pour l’enfant. On pourrait aller jusqu’à dire que l’intervenant est un renforçateur. Ce point est sûrement le principal. C’est pourquoi il faut que le pairing soit continué à travers les séances. Chaque séance peut comporter une part de pairing.

Parce qu’on oublie trop souvent que l’enfant autiste est un enfant! Tout simplement! Parce que les autistes ont aussi besoin de jeux, parce que pour eux aussi, travailler avec une personne qu’ils apprécient est plus fructueux! (n’est-ce pas comme ça pour nous?!)

Pour conclure je dirais que bien entendu ça dépend beaucoup des enfants et de leur degré de handicap. Peut-être que pour certains le pairing se fait tout seul?


Titouan, d’un monde à l’autre :

Pour marque-pages : Permaliens.

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